La transformation digitale est-elle un extrémisme ?

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Prenons la transformation digitale pour ce qu’elle est vraiment : une rupture technologique, culturelle et organisationnelle qui recompose l’entreprise dans son intégralité. Autrement dit, une rupture totale. Partant de ce constat, quel est le rôle du consultant en conduite du changement ?

Gonflé à l’intelligence artificielle comme un bodybuilder sous stéroïdes, doit-il se cantonner à un rôle de presse-bouton adressant des conseils immédiats et millimétrés aux dirigeants ? Ne doit-il pas plutôt agir comme un chef d’orchestre, capable de battre la mesure du changement, de percevoir toutes les aspérités humaines de ce processus complexe qu’est la transformation numérique ? Mise en perspective…

Une rupture totale qui induit des transformations radicales

En intégrant les technologies digitales dans leur organisation, leur culture d’entreprise ou leur infrastructure informatique, les entreprises redéfinissent complètement la façon dont circule l’information pour, in fine, initialiser un nouveau mode de création de valeur.

La transformation numérique n’est pas une suite de mesurettes faisant, pendant un temps, office de pare-feu au cheval de Troie des concurrents disrupteurs. L’acquisition d’une maison ne se fait pas brique par brique. C’est un ensemble, qui va des fondations au plan, en passant par la couleur du canapé du salon.

S’associer avec une start-up, implémenter un nouvel ERP dans son entreprise ou passer au lean management ne sont que des maillons de la chaîne, les morceaux d’une partition plus large. La transformation numérique est un processus associant l’ensemble des métiers de l’entreprise, remettant en cause toute sa stratégie.

Face à cette recombinaison presque génomique, les technologies alimentées à l’intelligence artificielle peuvent être d’une grande aide. En analysant de grands volumes de données, elles priorisent instantanément les chantiers de la transformation digitale, deviennent de vrais guides. De là à remplacer les consultants ? Non, voici pourquoi.

La technologie, un instrument du consultant et non l’inverse

Les prévisions décrites dans « AI May Soon Replace Even the Most Elite Consultants » de Barry Limbert et Megan Beck, membres de la société Oppen Matters spécialisée en Machine Learning, annoncent l’avènement de « Robo-advisors » capables de répondre à des questions comme « Quel est le risque majeur pour mon entreprise avant la fin de l’année compte-tenu des prévisions du marché ? ». Tout cela est faux. La transformation numérique ne se réduit pas à des enjeux technologiques, sa dimension humaine est primordiale.

En prenant le temps de l’écoute, de la compréhension des besoins de l’entreprise, de ses dirigeants, le consultant en conduite du changement va bien au-delà des données collectées par les solutions de business intelligence, il creuse dans l’essence même de l’entreprise.

C’est un compositeur qui recherche des harmonies entre les différents besoins métiers, les contraintes stratégiques de l’entreprise et le niveau d’acculturation digitale des collaborateurs. Une fois cette partition définie, il se mue en chef d’orchestre en s’appuyant sur les technologies.

Dépasser la réalité des données pour comprendre celles des hommes et femmes qui font la transformation numérique de leur entreprise est la raison d’être du consultant de demain, sa valeur ajoutée, son ADN.

La technologie doit rester un additif pour le consultant, un moyen de se substituer aux tâches répétitives, sans valeur ajoutée, et de fournir une information beaucoup plus riche et pertinente. Les qualités d’écoute, de bienveillance et le bon sens restent l’apanage du consultant. Une fois cette harmonie trouvée, il sera possible de dire que la transformation numérique du consulting est terminée, avant, à n’en pas douter, un nouveau cycle d’innovation et de rupture. 

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